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15 déc. 2010

NEWS

hébergement gratuit de photos & vidéos avec www.photomania.com
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Photography, DA, retouching : Eric Ouaknine.

Make up : Anne Arnold.

Hairs : Katarina Dugua.

Stylism : Marz Atashi.

Manucure: Akari Sugino.

Models : Davia & Kevin.

16 nov. 2010

Coups de coeur




oLa petite Willow (9 ans déjà une tueuse)
Willow Smith - Whip my hair




Kid Cudi ft. Kanye West - Erase Me




Cocoon - Comets





Merci à mon ami Pierre qui m'a fait découvrir ce son
Flobots - Handlebars


2 nov. 2010

Allégorie

C'est une femme belle et de riche encolure,
Qui laisse dans son vin traîner sa chevelure.
Les griffes de l'amour, les poisons du tripot,
Tout glisse et tout s'émousse au granit de sa peau.
Elle rit à la mort et nargue la Débauche,
Ces monstres dont la main, qui toujours gratte et fauche,
Dans ses jeux destructeurs a pourtant respecté
De ce corps ferme et droit la rude majesté.
Elle marche en déesse et repose en sultane ;
Elle a dans le plaisir la foi mahométane,
Et dans ses bras ouverts, que remplissent ses seins,
Elle appelle des yeux la race des humains.
Elle croit, elle sait, cette vierge inféconde
Et pourtant nécessaire à la marche du monde,
Que la beauté du corps est un sublime don
Qui de toute infamie arrache le pardon.
Elle ignore l'Enfer comme le Purgatoire,
Et quand l'heure viendra d'entrer dans la Nuit noire,
Elle regardera la face de la Mort,
Ainsi qu'un nouveau-né, - sans haine et sans remords.


Charles Baudelaire

24 sept. 2010

Le bonheur est salutaire pour le corps; mais c'est le chagrin qui développe les forces de l'esprit.


A chaque nouvelle peine trop forte, nous sentons une veine de plus qui saillit, développe sa sinuosité mortelle au long de notre tempe, sous nos yeux. (...)

Mais puisque ces forces peuvent se changer en d'autres forces, puisque l'ardeur qui dure devient lumière et que l'électricité de la foudre peut photographier, puisque notre sourde douleur au coeur peut élever au dessus d'elle un pavillon, la permanence visible d'une image, à chaque nouveau chagrin acceptons le mal physique qu'il nous donne pour la connaissance spirituelle qu'il nous apporte (...) pour la rendre plus solide au fur et à mesure que les émotions effritent notre vie, s'ajouter à notre oeuvre. Les idées sont les succédanés des chagrins, au moment où ceux-ci se changent en idée ils perdent une partie de leur actions nocive sur notre coeur, et même au premier instant, la transformation elle-même dégage subitement de la joie.

G. Proust, Le temps retrouvé (1927)

3 juil. 2010

"A l'ombre du coeur de ma mi" - Brassens





A l'ombre du coeur de ma mi'

Un oiseau s'était endormi
Un jour qu'elle faisait semblant
D'être la Belle au bois dormant.
Et moi, me mettant à genoux,
Bonnes fées, sauvegardez-nous !
Sur ce cœur j'ai voulu poser
Une manière de baiser.
Alors cet oiseau de malheur
Se mit à crier "Au voleur ! "
"Au voleur" ! et "A l'assassin ! "
Comme si j'en voulais à son sein.
Aux appels de cet étourneau,
Grand branle-bas dans Landerneau:

Tout le monde et son père accourent
Aussitôt lui porter secours.
Tant de rumeurs, de grondements,
Ont fait peur aux enchantements,
Et la belle désabusée
Ferma son cœur à mon baiser.
Et c'est depuis ce temps, ma sœur,
Que je suis devenu chasseur,
Que mon arbalète à la main
Je cours les bois et les chemins.

Georges Brassens

6 mai 2010

"Je suis devenue une anesthésiée du coeur, fille d'une génération désenchantée. S'il existe un Dieu d'amour priez afin qu'il nous sauve, nous, enfants de débauche nourris par des rêves avortés et enchaînés à nos poitrines, comme les trophées d'une guerre perdue contre nous même."



28 mars 2010

Extrait: Baudelaire LE DANDY


Le dandysme n’est même pas, comme beaucoup de personnes peu réfléchies paraissent le croire, un goût immodéré de la toilette et de l’élégance matérielle. Ces choses ne sont pour le parfait dandy qu’un symbole de la supériorité aristocratique de son esprit. Aussi, à ses yeux, épris avant tout de distinction, la perfection de la toilette consiste-t-elle dans la simplicité absolue, qui est en effet la meilleure manière de se distinguer.

(...)

En vérité, je n’avais pas tout à fait tort de considérer le dandysme comme une espèce de religion. La règle monastique la plus rigoureuse, l’ordre irrésistible du Vieux de la Montagne, qui commandait le suicide à ses disciples enivrés, n’étaient pas plus despotiques ni plus obéis que cette doctrine de l’élégance et de l’originalité, qui impose, elle aussi, à ses ambitieux et humbles sectaires, hommes souvent pleins de fougue, de passion, de courage, d’énergie contenue, la terrible formule: Perinde ac cadaver!



Que ces hommes se fassent nommer raffinés, incroyables, beaux, lions ou dandies, tous sont issus d’une même origine; tous participent du même caractère d’opposition et de révolte; tous sont des représentants de ce qu’il y a de meilleur dans l’orgueil humain, de ce besoin, trop rare chez ceux d’aujourd’hui, de combattre et de détruire la trivialité. De là naît, chez les dandies, cette attitude hautaine de caste provoquante, même dans sa froideur: Le dandysme apparaît surtout aux époques transitoires où la démocratie n’est pas encore toute-puissante, où l’aristocratie n’est que partiellement chancelante et avilie. Dans le trouble de ces époques quelques hommes déclassés, dégoûtés, désœuvrés, mais tous riches de force native, peuvent concevoir le projet de fonder une espèce nouvelle d’aristocratie, d’autant plus difficile à rompre qu’elle sera basée sur les facultés les plus précieuses, les plus indestructibles, et sur les dons célestes que le travail et l’argent ne peuvent conférer. Le dandysme est le dernier éclat d’héroïsme dans les décadences; et le type du dandy retrouvé par le voyageur dans l’Amérique du Nord n’infirme en aucune façon cette idée: car rien n’empêche de supposer que les tribus que nous nommons sauvages soient les débris de grandes civilisations disparues. Le dandysme est un soleil couchant; comme l’astre qui décline, il est superbe, sans chaleur et plein de mélancolie.

Baudelaire, Le Dandy

Un peu de moi










Photographe: Perla Maarek
Make up : Carole Nicolas
Model : Davia

14 févr. 2010

Bonne fête Valentin

Extrait

"Ici, en Occident, on est devenus lâches et frileux. On a été conditionnés par la société de consommation à considérer nos existences non pas comme un seul bloc, comme une idée ou comme un principe moral, mais comme une accumulation de petits succès personnels qui vont du mariage à la naissance d'un enfant en passant par l'achat d'une voiture, d'un appartement, d'un écran plasma ou d'un voyage à l'autre bout du monde. Tant qu'on sera englués dans cette vision accumulatrice de nos existences, alors la révolution se fera attendre."

Christophe Carpentier, Le Parti de la jeunesse.

5 janv. 2010

"Qui est Monsieur Schmitt?"


« Qui est Monsieur Schmitt ?» Voici la question que se posent depuis le 15 octobre les spectateurs ayant vu la mise en scène de José Paul et Stéphane Cottin. Le duo Paul/Cottin nous offre ici la nouvelle pièce de Sébastien Thiéry, qui nous partage durant une heure vingt entre le rire et l’angoisse.
Un beau jour, Jean-Claude Bélier reçoit un coup de téléphone chez lui. Rien d’inquiétant me direz-vous. Mais pour le couple Jean-Claude et Nicole (celle ci brillamment interprétée par Raphaëline Goupilleau) cette situation est plus que saugrenue. En effet le Bélier n’ont jamais fait installer le téléphone chez eux. Au bout du fil, on demande « M. Schmitt ». M. Bélier raccroche, interloqué. S’en suit alors une série de découvertes étranges : le portrait de belle-maman a été remplacé par celui d’un berger allemand, les livres sur les étagères, et les vêtements dans les armoires ne sont pas les leurs : à l’évidence il ne sont pas chez eux. Convaincus de s’être trompé d’appartement, ils se précipitent pour en sortir, mais là, impossible, ce ne sont pas les bonnes clefs. Ils se demandent alors comment ils sont arrivés à entrer, et nous aussi. La police, le psychiatre, tous leur indiquent qu’ils sont les Schmitt, qu’ils doivent être les Schmitt, jusqu’à Nicole qui finit par dire qu’elle est bien Nadine Schmitt.
Cauchemar ? Schizophrénie ? Jean-Claude Bélier ou M. Schmitt ? Richard Berry en tout cas nous emmène dans les méandres de l’angoisse ensevelie au cœur de bon nombre d’entre nous : celle de savoir qui nous sommes réellement et comment autrui nous identifie.
Epoustouflant dans son personnage au bord de la folie, puissamment comique, nous ne le sentons pas une seule fois manquer de crédibilité.
Face à une telle prestation, celles de Chick Ortega et Jean-Luc Joseph (l’agent de police et le fils Schmitt) peuvent sembler un peu faibles.
Probable ironie des metteurs en scène, Sébastien Thiéry vient jouer dans sa propre pièce le rôle du psychiatre, qui rend fou au lieu de soigner.
On en redemande.
Davia B.
« Qui est Monsieur Schmitt »
au Théâtre de la Madeleine jusqu'au 31 janvier.