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18 août 2011



J'emploie souvent l'expression "je mène ma barque" sans savoir si elle existe vraiment et si je l'emploie à bon escient. Je l'utilise comme pour dire "je fais mon petit bout de chemin" ou encore "je fais comme je peux". En vérité l'image est que je me vois sur une barque, traversant la vie. Tantôt sur un fleuve tranquille, tantôt suivant le torrent d'une rivière avec ses remous et ses galets luisants à travers lesquels dansent les poissons. Parfois sur une mer déchaînée, sans phare pour me guider et me dire où est ce que je dois mener ma barque. Dans ses moments là je suis perdue et j'ai peur, ce sont les moments où je suis triste parce que je ne comprends pas pourquoi soudain le courant m'emporte loin et me punit. On ne peut jamais vraiment savoir où votre barque vous mène. Vous voyagez de fleuves en fleuves, d'îles en îles paisiblement quand brusquement les éléments se mettent en colère contre vous et vous voilà dans un océan de peine. Le vent vous gifle le visage, les vapeurs d'iode vous étourdissent et le sel pique terriblement les yeux. 

Je suis restée de longs mois dans cette mer agitée, seule sur ma barque. Je m'étais perdue. Un garçon m'avait fait perdre mon chemin. Nous étions en hiver, j'avais le coeur glacé, je ne sentais plus rien à part ma tristesse. J'entendais mes amis m'appeler au loin, ma famille aussi, mais je ne pouvais pas les voir sur la rive, trop de larmes masquaient ma vue. Ils ont eu peur, je pense, que je me noie.  

Heureusement un jour, la mer s'est calmée. Les embruns étaient alors plus doux, le vent était toujours fort, le sel me faisait encore mal mais je n'étais plus en danger. Le ciel s'est dégagé, un oiseau s'est posé sur le rebord de ma barque et m'a dit que j'étais jolie, qu'il ne fallait pas pleurer. Il est resté avec moi quelques temps et il m'a consolé. C'était mon oiseau, un de ceux dont les plumes vous guérissent par leur pouvoir. Un jour je lui ai dit de partir parce que je savais que je ne pouvais pas le garder dans une cage une fois arrivée à bon port, de plus je ne savais pas où ma barque allait encore m'emmener, il ne pouvait pas rester sur le rebord éternellement, les oiseaux sont fait pour voler. Le vent ne soufflait plus, mes yeux voyaient maintenant clair, mais quand il a déployé ses ailes pour me quitter j'ai senti des sanglots se répandre sur mes joues. J'espère le revoir un jour entre deux lueurs d'arc en ciel.

Depuis je vogue sur une rivière plutôt calme, des fois je me cogne à des rochers mais ma barque est solide. Entre temps j'ai pris un dauphin dans mes filets, aussi doux que le bruit des vagues, nous avons bien rit ensemble avant qu'il reprenne son chemin. 

Je ne sais toujours pas où je vais, je n'ai pas trouvé mon phare, mais j'aperçois désormais mes proches sur le sable qui me regardent avec bienveillance, je ne suis plus triste. Le ciel est assez bleu là où je suis. Je vogue de déception en déception sur ma petite barque, cela me fait parfois sombrer dans les flots mais ce n'est pas grave car je rencontre aussi des joies entre les clapotis de l'eau. Elles me font remonter en surface et regagner mon embarcation . 

Je ne parle plus aux garçons qui jettent les filles à la mer.






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Texte: Davia
Photo: Brice Portolano

3 commentaires:

david a dit…

Que de tristesse dans tes jolis yeux,la vie n'est pas un long fleuve tranquille hélas,j'espère qu'un nouveau dauphin te protège toi si jolie il ne peut en être autrement <3

camille06 a dit…

très beau billet,tu écris vraiment bien.
je te souhaite du bonheur avec ton capitaine sur ta petite barque

marietta a dit…

Ton histoire m'a fait revivre ma propre histoire,comme toi j'ai souffert,je me suis perdue,puis un joli prince m'a redonné le sourire,au début j'avais de l'appréhension et on prenait ça à la cool,cela fait 3 ans qu'aucun nuage n'est venu assombrir mon ciel,et une petite ROSE est venue combler ce bonheur.Je vois que ton ciel est bleu et ta barque solide,donc que tu es à nouveau heureuse,je te souhaite de tout coeur de vivre comme moi une histoire aussi belle
je t'embrasse belle sirène