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23 déc. 2011

La vie selon Alba : Le syndrôme du faux départ.

Alba a 20 ans. Elle aime les animaux, les vêtements confortables, son amoureux, et se peindre les ongles. Chef de projet dans une start up, Alba est ultra-connectée au monde qui l'entoure et à son téléphone. Mais surtout, elle réfléchit beaucoup sur la vie, les gens, les choses ... Vous la retrouverez  tous les mois dans un article sur le blog !

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On s’est tous déjà retrouvés dans la situation ridicule suivante… Une situation de solitude EXTREME, alors qu’on n’est pas si seul que ça …



Cette sensation atroce du faux départ, on l’a tous déjà vécue. Parce qu’on a tous déjà eu l’occasion de partir en vacances et de se faire des amis, de parler dans le TGV pendant 3 heures avec son voisin qu’on ne reverra jamais plus, de se faire des amis dépressifs à l’hôpital, de fumer une clope avec un SDF ou bien de faire un stage, de trouver un boulot puis d’en changer, de déménager, etc … Bref, on a tous déjà eu l’occasion de devoir dire au revoir ou adieu à des gens qu’on espère profondément ne pas avoir à recroiser.

Afin de contenter tout le monde, illustrons mes propos par divers exemples.



A) Moment de solitude extrême avec des gens que l’on a déjà vus

1) Rater un au revoir

Après une petite sortie entre amis, dans un bar, restaurant ou autre, après avoir passé 10 minutes à dire au revoir à tout le monde, après avoir picolé comme des trous souvent, bien que les trous ne picolent pas tant que ça (quoique ... tout dépend du type de trou),  et alors qu’on se dirige vers le métro le plus proche, on se sent soudainement suivi. Se retournant brusquement on aperçoit l’un  des ses « amis » (notez qu’il est entre guillemets) présent lors de la dite soirée, se dirigeant dans la même direction.

Lui ayant dit quelques minutes auparavant « Au revoir, ça m’a fait plaisir de te revoir, on s’appelle vite !» alors qu’on n’en pensait pas le moindre mot, parce que c’est le genre de type auquel on n’a jamais rien à dire et qu’on voit tous les 6 ans, on se sent totalement stupide à l’idée de devoir lui adresser la parole une fois de plus. Pitié non … faites qu’il ait oublié un truc au bar et qu’il fasse demi-tour…

C’est ce qu’on appelle un faux départ, ou une sortie totalement ratée (poil au nez).

Du coup, en souriant (oui, il est sans doute aussi gêné que nous et c’est TANT MIEUX), il nous lance un « Tu prends le métro ici ? ». Et on a tous la même réaction totalement insensée, et ridicule, alors qu’on sait pertinemment quelle sera la réponse…

Le mec marche depuis cinq minutes dans la même rue que nous, dans la même direction, sur le même trottoir, à minuit, alors qu’on est en plein mois de décembre, qu’il fait moins cinquante degrés, qu’on a passé déjà deux stations de taxis, et on lui demande s’il va aussi par ici Et l’alcool n’est pas en jeu.


2) Rater ses adieux

Il suffit d’imaginer une étudiante, ayant passé 6 mois dans une entreprise, ayant créé des liens avec d’autres employés et stagiaires de la boîte, leur faire un discours d’adieu dans l’ascenseur, après un déjeuner de Noël.

Ayant calculé parfaitement qu’entre le rez-de-chaussée et le 7e étage il y avait approximativement de quoi accorder 8 secondes de clin d’œil perso à chacun des potos présents dans l’ascenseur, finissant son discours par un « Merci à tous d’avoir rendu mon expérience totalement inoubliable, merci du fond du cœur !», se  retournant, sortant de l’ascenseur et se rendant compte qu’elle est au 6e étage. Rebroussant chemin, c’est entre le 6e et le 7e étage que les minutes de sa vie paraissent les plus longues. Eh oui ma grande, tu aurais tout aussi bien fait de prendre les escaliers…


FAUXDEPART
Dessin fait par moi même



B) Moment de solitude extrême avec des inconnus

1) Rater un au revoir

Parfois ce moment d’extrême solitude arrive lorsqu’on croise un de ses voisins, encore inconnu, dans le hall, et qu’il rentre du boulot au même instant que nous. Je pense qu’on a tous la même réaction dans ce cas là : « Fait chier ». En soit il n’a rien fait de mal, le pauvre homme a tout à fait le droit de rentrer chez lui à une heure normale, comme tout le monde. Mais le plus agaçant est le suspense intense qui va suivre.

Alors qu’on passe la première porte du hall, après avoir composé le code d’entrée (8364833B, je le donne, oui) devant les yeux du dit inconnu, on s’aperçoit très vite que celui-ci n’est pas un imposteur mais bien un voisin, puisqu’il dégaine la clef du hall, permettant de passer de la porte d’entrée au hall et d’accéder directement aux boîtes aux lettres et aux étages habitables du bâtiment.

Bon, ce type-là habite forcément ici, sinon il n’aurait pas les clefs du hall. Première étape : accomplie.

Une fois dans le bâtiment, on se dirige d’un pas décidé vers les boîtes aux lettres, on ouvre la nôtre comme pour dire au voisin inconnu « Hé mec, moi aussi j’vis là ! J’ai une cleeeeef ouais ouais ! » (à noter qu’on peut tout aussi bien dire : « Eh oui mon ami, moi aussi j’ai pour résidence principale ce bâtiment, et j’ai même en ma possession ma propre clef de boîte aux lettres »).

Bref, après avoir ouvert notre BAL comme disent les gens des internets, on attrape une poignée de lettres dans la main, en esquissant une moue style « Oh lala, j’ai trop de courrier, j’ai trop de demandes, je suis trop overbookée… » (ça marche aussi avec des magazines publicitaires, oui), et entre deux enveloppes blanches on jette un coup d’œil à son voisin, qui lui aussi visiblement nous observe, entre son Télérama et sa facture SFR.

Prenant notre courage à deux mains, c’est le moment de refermer la BAL et de se diriger vers l’ascenseur (on habite au 3e étage). Très bien, le voisin n’est pas claustrophobe puisqu’il s’engouffre à vos côtés dans l’ascenseur. C’est bon à savoir si jamais on a prévu une soirée à thème « 10m² » avec une vingtaine de personnes et que l’on compte inviter tous les voisins. Ce qui semble totalement improbable, mais sait-on jamais comme disait l’autre.

Une fois dans l’ascenseur, dos au miroir, on se rend compte que son voisin va exactement au même étage que nous. Totalement fou non ?
Non. Agaçant. Parce que les 3 niveaux qui nous séparent du rez-de-chaussée sont interminables, et l’on se sent si seul…

… alors qu’on est deux dans le même cas …


2) Rater ses adieux

Ce qui est vraiment agaçant, c’est quand on prend le train, qu’on se dit que ça va être un moment sympa et paisible, et que finalement on se retrouve à passer 3h à ne rien foutre et à parler à son voisin jusqu’alors méconnu.

La plupart du temps, on tombe sur un voisin de TGV super sympa UNIQUEMENT quand on a beaucoup de boulot, ou beaucoup de sommeil à rattraper et qu’on s’était dit la veille au soir « Pas grave j’peux boire encore  10 shooters, demain j’bosserai ou j’dormirai dans le TGV ».

Réciproquement, c’est bien souvent quand on n’a absolument rien à faire qu’on se retrouve dans un wagon quasi vide, qui reste bloqué 45 minutes dans la campagne à cause de « travaux ».

Bref, admettons qu’on ait passé 3 heures à sympathiser avec notre voisin de TGV, qu’on sache même qu’il s’appelle David et qu’il bosse dans une maison d’éditions à La Rochelle, mais qu’il vit à Rochefort et vient tous les matins en voiture, qu’avec sa femme tout va bien et que sa petite dernière, Alice, veut absolument faire du BMX, qu’il nous offre un café au bout d’une heure 28 de trajet, qu’on échange nos cartes de visite histoire de « garder contact », que l’on glisse sa carte, après un léger coup d’œil, dans une des poches de notre parka qu’on sait pertinemment trouée, et qu’on se fasse nos adieux réciproques et sincères.

On descend du TGV sachant qu’il nous reste un TER à prendre. Plus qu’une heure de trajet et à nous les moules marinières ! (Sauf si on préfère le dos de cabillaud, c’est plus mon problème, laissez-moi, j’m’en fiche, j’veux pas savoir). Le temps de passer au distributeur prendre un paquet de bonbons acidulés à la fraise qui ont goût de médicament périmé (le truc qu’on trouve uniquement dans les piscines municipales et dans les gares) et hop, direction le quai du TER.

Surpriiise, le type du TGV, David, est aussi sur le quai !  Hé merde. On avait vraiment envie d’écouter le dernier album de Devendra Banhart sur Spotify, pas de parler avec ce type pendant une heure.

Et souvent, notre réaction devient
extrême, alors qu’on a passé un super moment avec lui ; il nous agace soudainement, et on préfère le fuir comme la peste.
On fait mine de ne pas l’avoir vu, direction l’opposé du quai, bien que cela ne nous arrange pas. Et finalement, après avoir tracé sans se retourner, on se rend compte que DAVID NOUS SUIVAIT.

La bonne blague du soir, bonsoir, c’est que dans ce TER, le placement est libre… et c’est parti pour une heure de folie…


Finalement, le seul moyen de réussir son départ c’est encore de ne pas partir.

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